FIPU : faites financer jusqu'à 70 % de vos actions contre les TMS
Mathieu Gestin • 5 novembre 2026

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Prévention des risques · Financement

FIPU : faites financer jusqu'à 70 % de vos actions contre les TMS

Un transpalette électrique, un siège anti-vibrations, une formation PRAP pour vos équipes… Et si l'Assurance Maladie en payait la plus grande partie ?  C'est exactement le rôle du FIPU, le Fonds d'investissement dans la prévention de l'usure professionnelle. En 2026, il est doté de 200 millions d'euros. Pourtant, beaucoup de petites entreprises ne le connaissent pas encore. Je vous explique ici, simplement, ce que le FIPU finance, qui peut en profiter et comment faire la demande sans se tromper.

Infographie : le FIPU en un coup d'œil — 200 M€ par an, 70 % pris en charge, 500 € minimum, 25 000 € par type d'investissement, 75 000 € de plafond, toutes les entreprises du régime général

Le FIPU, c'est quoi ?

Le FIPU est né de la réforme des retraites de 2023 (article 17 de la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023). L'idée est simple : si l'on travaille plus longtemps, il faut aussi préserver les corps qui travaillent.

Le fonds est géré par l'Assurance Maladie – Risques professionnels (branche AT/MP). Il est prévu à hauteur de 1 milliard d'euros sur 5 ans, soit 200 millions d'euros par an. L'arrêté du 22 décembre 2025 a confirmé cette dotation pour 2026, pour la troisième année de suite.

Il cible trois facteurs de risques dits « ergonomiques » :

  • les manutentions manuelles de charges  (porter, pousser, tirer) ;
  • les postures pénibles  (bras levés, dos penché, accroupi, à genoux) ;
  • les vibrations mécaniques  (outils vibrants, engins, sièges de conduite).

Ce sont eux qui provoquent les troubles musculosquelettiques (TMS) : mal de dos, tendinites, syndrome du canal carpien… Les TMS représentent près de 9 maladies professionnelles reconnues sur 10.

Pour les entreprises, le FIPU prend la forme d'une aide concrète : la subvention « Prévention des risques ergonomiques ». Une autre partie du fonds finance la reconversion des salariés très exposés, via les projets de transition professionnelle (Transitions Pro).

Infographie : les 3 facteurs de risques ergonomiques ciblés par le FIPU — manutentions, postures pénibles, vibrations — avec situations à risque et exemples finançables

Qui peut en bénéficier ?

Bonne nouvelle : toutes les entreprises du régime général, quels que soient leur taille et leur secteur. Les travailleurs indépendants peuvent aussi en profiter, sous conditions.

Pour une entreprise, il faut :

  • relever du régime général de la Sécurité sociale ;
  • adhérer à un service de prévention et de santé au travail (SPST) ;
  • avoir réalisé et mis à jour son document unique d'évaluation des risques (DUERP)  ;
  • avoir informé les représentants du personnel, s'il y en a ;
  • ne pas faire l'objet d'une injonction ou d'une cotisation supplémentaire de la Carsat ;
  • ne pas avoir de contrat de prévention en cours, ou clos depuis moins de deux ans ;
  • être à jour de ses cotisations sociales ;
  • ne pas avoir touché plus de 300 000 € d'aides publiques sur les trois dernières années.

Pour un travailleur indépendant, il faut :  avoir souscrit l'assurance volontaire individuelle AT/MP, être à jour de ses cotisations et ne pas employer de salarié au moment de la demande.

Vous le voyez : le DUERP est la porte d'entrée. Sans document unique à jour, pas de subvention.

Infographie : check-list d'éligibilité au FIPU pour les entreprises et les travailleurs indépendants

Ce que le FIPU finance

La subvention couvre quatre grandes familles de dépenses.

Type d'action Exemples
Actions de prévention Diagnostic ergonomique, équipements d'aide à la manutention, outillage anti-vibrations, sièges suspendus, formations
Actions de sensibilisation Ateliers, réunions, forum, documentation sur les risques ergonomiques
Aménagements de postes Plan de travail réglable en hauteur, réorganisation d'un poste
Recrutement d'un préventeur Une partie du salaire d'un salarié chargé des actions de prévention

Les équipements  doivent figurer dans le cahier des charges de l'Assurance Maladie. La liste est mise à jour chaque année (dernière actualisation en août 2026). Ils doivent être neufs, appartenir à l'entreprise et être livrés dans l'année.

Les formations  sont financées quand elles sont dispensées par un organisme habilité par l'INRS et le réseau Assurance Maladie – Risques professionnels. C'est le cas notamment :

  • des formations PRAP  (Prévention des risques liés à l'activité physique), en version IBC (industrie, bâtiment, commerce) ou 2S (sanitaire et social) ;
  • des formations du secteur de l'aide et du soin à la personne, à domicile ou en établissement ;
  • des formations aux TMS, comme « devenir chargé de prévention des TMS ».

À savoir : une formation « gestes et postures » classique, hors dispositif INRS, n'est pas éligible. Une formation à la conduite d'engins ou une habilitation électrique non plus.

Combien pouvez-vous toucher ?

La règle de base : 70 % du montant HT  de vos dépenses sont pris en charge. Si votre branche professionnelle a signé un accord étendu sur les métiers exposés, le taux passe à 85 %  (14 branches concernées début 2026, dont le médico-social, l'aide à domicile et l'hospitalisation privée).

Plafonds 2024-2027 Cas général Branche avec accord étendu
Taux de prise en charge 70 % 85 %
Par type d'investissement 25 000 € 50 000 €
Salaire d'un préventeur 8 235 € 10 000 € (forfait)
Total, entreprise de moins de 200 salariés 75 000 € 125 000 €
Total, entreprise de 200 salariés et plus 25 000 € 25 000 €

Nouveauté 2026 :  le montant minimum de subvention est passé de 1 000 € à 500 €. Concrètement, vous pouvez faire une demande dès 715 € HT  de dépenses. Les petits équipements deviennent donc finançables.

Deux exemples :

  • un siège anti-vibrations pour un conducteur d'engins à 1 200 € HT : la subvention couvre 840 €, il vous reste 360 € ;
  • un chariot élévateur de charges à 4 000 € HT : la subvention couvre 2 800 €, il vous reste 1 200 €.

Les plafonds courent sur toute la période 2024-2027 : ce que vous avez déjà touché depuis 2024 compte dans le total.

Vous gérez un EHPAD ?

Vous êtes sans doute concerné par le taux majoré de 85 %. Un EHPAD associatif relève de la branche du sanitaire, social et médico-social privé à but non lucratif (BASS, IDCC 29, 413, 783, 2046 ou 5502). Un EHPAD privé commercial relève de l'hospitalisation privée (IDCC 2264). Indiquez bien le code IDCC de votre convention collective dans la demande : sans lui, c'est le taux de 70 % qui s'applique.

Les rails plafonniers, lève-personnes et chariots à assistance électrique font partie des équipements finançables. Des aides de l'ARS peuvent s'y ajouter, sans dépasser 100 % du prix. Pour un EHPAD public, les agents titulaires dépendent d'un fonds distinct, réservé à la fonction publique.

Infographie : deux exemples chiffrés — siège anti-vibrations 1 200 € HT (840 € de subvention, 360 € de reste à charge) et chariot élévateur 4 000 € HT (2 800 € de subvention, 1 200 € de reste à charge)

Comment faire la demande, étape par étape

  1. Vérifiez votre éligibilité  avec le simulateur gratuit disponible sur ameli.fr (rubrique Entreprise > Subvention Prévention des risques ergonomiques).
  2. Mettez à jour votre DUERP  et faites apparaître les risques liés aux manutentions, aux postures et aux vibrations.
  3. Choisissez vos actions  : équipement conforme au cahier des charges, diagnostic, formation PRAP par un organisme habilité…
  4. Achetez ou réalisez l'action, puis payez la facture.  La subvention est versée après coup, sur justificatifs.
  5. Déposez votre demande en ligne  sur net-entreprises.fr, depuis votre compte entreprise : rubrique « Votre entreprise », puis « Demander une subvention ». Joignez les factures et l'attestation de conformité au cahier des charges (ou l'attestation de formation de l'organisme).
  6. Votre caisse régionale instruit le dossier  (Carsat, Cramif ou CGSS selon votre région). Dans l'Ain, c'est la Carsat Rhône-Alpes.

Vous êtes travailleur indépendant ? La demande se fait par e-mail auprès de votre caisse régionale, avec le formulaire dédié.

Infographie : la demande de subvention FIPU en 6 étapes, de la vérification de l'éligibilité au versement par la Carsat

Les pièges à éviter

  • Dépenses et demande dans la même année.  Depuis 2026, une facture de 2025 ne peut plus être présentée. Déposez votre demande la même année que la facture.
  • Premier arrivé, premier servi.  Les aides sont versées dans la limite du budget disponible. N'attendez pas la fin de l'année.
  • Un équipement hors cahier des charges.  Avant d'acheter, demandez au fournisseur s'il respecte le cahier des charges FIPU et s'il fournit l'attestation.
  • Une formation par un organisme non habilité.  Vérifiez l'habilitation INRS de l'organisme avant de signer.
  • Un DUERP oublié dans un tiroir.  Il doit être à jour. Pour les entreprises de moins de 11 salariés, la mise à jour annuelle n'est pas obligatoire, mais il doit refléter la situation réelle.
  • Acheter sans réfléchir à l'organisation.  Un équipement ne règle pas tout. Le bon réflexe : analyser le poste, impliquer les salariés, puis choisir la solution.
Infographie : 6 pièges qui font perdre la subvention FIPU

À télécharger : la fiche mémo FIPU

L'essentiel de cet article sur une page A4, à imprimer ou à transmettre à votre direction.

Télécharger le PDF

Comment UNIPrev vous accompagne

Chez UNIPrev, je forme et j'accompagne les entreprises sur la prévention depuis plus de dix ans. Sur le FIPU, je peux vous aider à trois niveaux :

  • Votre DUERP :  le créer ou le mettre à jour, pour qu'il reflète vraiment vos risques ergonomiques. C'est la condition numéro un.
  • La formation de vos équipes :  formations Acteur PRAP (IBC et 2S) et dispositifs INRS du secteur de l'aide et du soin à la personne, pour que vos salariés sachent analyser leur poste et proposer des améliorations.
  • Votre démarche de prévention :  repérer les situations à risque sur le terrain, prioriser les actions et choisir les bons équipements avant d'acheter.

Vous voulez savoir ce que le FIPU peut financer chez vous ? Contactez-moi : on regarde ensemble, sans engagement.

Article à jour au 4 novembre 2026. Les conditions peuvent évoluer : référez-vous toujours aux documents officiels sur ameli.fr.

Écrit par l'IA, validé par l'humain.

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